Aujourd’hui, c’est décidé…

Aujourd’hui, je voudrais te parler d’une autre de mes passions. Ce n’est d’ailleurs pas une passion mais plutôt un intérêt vital pour moi : l’eau !

Oui, tu vas me dire que l’eau est indispensable à tous ! Oui, elle est effectivement vitale à l’humain, pour boire tout comme manger, respirer, dormir … je ne vais pas te ressortir la pyramide de Maslow que j’ai étudié au lycée !

Moi, l’eau fait partie de ma vie comme tout humain mais aussi comme besoin afin de m’accomplir et cela depuis toute petite (oui, regarde au dessus de la pyramide, au dernier étage !).

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Et, c’est là que mon récit commence…

J’ai baigné dans le liquide amniotique neuf mois et une semaine… certains bébés ne veulent pas sortir sûrement parce qu’ils se trouvent bien. Ben, cela a été mon cas.

Durant l’enfance, le petit humain apprend la marche en premier. Moi, j’ai sût nager (faire les mouvement de nage) limite avant mes premiers pas. Ma nounou, m’emmenait à la piscine alors que j’étais encore un bébé.

Pendant les vacances d’été, je passais un mois dans le sud chez mes grands parents où le matin, nous allions à la mer et l’après-midi à la piscine dans le mas du frère de mon grand-père.

Je ne sais pas à ce jour si ma dystonie est génétique mais je pense que mes anciens m’ont transmis le goût de la nage. Ayant les épaules très carrées, ce qui me complexait, mes anciens me disaient souvent :  » Normal, c’est dans tes gênes ! »Mes deux grands-pères, mon père, mon grand oncle étaient de très bons nageurs.

La preuve, pendant la seconde guerre mondiale la piscine parisienne du parrain de mon grand-père avait été mise à disposition des allemands. Autant Alzheimer lui mangeait les souvenirs immédiats mais lui laissait les souvenirs passés. Et, en fin de vie, il me racontait souvent les mêmes histoires même s’il ne me reconnaissait pas ! Bref, je m’égare.

J’ai donc obtenu des diplômes grâce à la natation. En CP, je nageais tellement bien que j’avais déjà une longueur d’avance sur mes camarades et je m’ennuyais. Je rêvais discrètement du grand bassin.

Puis, j’ai rapidement passé le brevet de 25 mètres, puis 1000 mètres. Et, au collège je me retrouvais à faire 4 heures de nage le mercredi après midi. Alors, je connais la brasse, l’indienne, le crawl, le papillon et j’en passe.

Ado, je me dirigeais rapidement vers les choix d’activités d’eau comme le kayak, la rando aquatique, le rafting ou la voile.

A 17 ans, j’ai passé mon BAFA afin d’être animatrice et surveillante de baignade. Mais être maître nageur n’était pas un métier à temps plein et surtout en banlieue parisienne. J’ai donc choisi une autre voie.

Puis, avec le temps, le travail, on oublie, on avance, on se contente d’une baignade de temps à autre, ou à défaut, d’un bon bain…

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Quand le diagnostic de la dystonie à été posé, les séances de kiné dans l’eau, je les ai très vite acceptées. Mais, les exercices ce n’est pas la nage. Ce n’est pas le moyen de liberté. Et, certains exercices me faisaient plus mal qu’autre chose alors, j’ai pris la décision d’arrêter. Comme si l’eau et les exercices étaient devenus une souffrance en plus.

Alors, depuis un an mis à part la douche, je n’ai jamais remis les pieds dans l’eau. Et, quand on n’a pas les moyens financiers, ou la trouille d’être seule d’aller en piscine et que Jérôme me propose d’aller une après-midi en bord de mer, le drame…

Tu arrives à trouver toutes les excuses inimaginables pour ne pas dévoiler ton angoisse de la peur d’avoir mal, d’être regardée, encore et toujours…

Et, pourtant l’année dernière, nous y avons été et je m’étais éclatée ! J’ai donc décliné, pendant deux week-end, l’invitation de Jérôme en prétextant une fatigue, ou même le froid de l’été (l’argument le plus bête que j’ai trouvé, je pense !). Quel soulagement, quand il s’est mis à faire la sieste. J’étais libérée d’un poids.

Mais, Jérôme, c’est comme un « pitbull », il ne lâche rien mais sans violence. Un Nours à vrai dire et il a l’art de vous embrouiller le cerveau en secondes. Et, le weekend suivant, il réitère sa proposition. Nous y voilà, la discussion tant redoutée. Étant à cours d’argument, je ne pouvais pas lui mentir, ni me cacher.

Alors, après une heure de discussion, nous concluons un pacte :

Se promener sur la plage mais je devais prendre mon maillot et me baigner si je le sentais ! Dans le pire des cas, je gagnais une promenade sur la plage avec lui ce jour là. Dans le meilleur des cas, je gagnais une bataille.

J’ai accepté car il avait entièrement raison, j’aurais eu une frustration encore de ne pas y aller.

Malgré le mal actuel de l’épaule et le bras gauche, je fais mon sac et on va direction  » Les Salines « , une plage prés de Saint Martin de Bréhal. L’endroit où je me baignais étant enfant lorsque je passais les vacances en Normandie chez mes grands parents.

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Après une belle marche à marée basse (le balai des mouettes prenant de la hauteur afin de lâcher et casser les moules comme guise de dîner, c’était juste trop chouette !), nous sommes remontés avec la mer. Et, elle remonte comme le cheval au galop comme le disais mon grand-père ! Il ne fallait pas tarder.

Une petite pause sur le sable de la plage, puis quand la mer a été à notre portée, je pris mon courage à deux bras, et j’ai enlevé ma robe, pour aller nager. Au pire j’aurais essayé ! Qui ne tente rien n’a rien.

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Oui, je l’avoue j’ai eu la surprise de l’eau fraîche… comme à chaque fois ! Mais il faut bouger et on n’a plus froid. Alors, je pris une grande respiration et je me retrouvais la tête sous l’eau.

Naturellement, mes bras et mes jambes se mirent à bouger.

Un sentiment de liberté sous l’eau, une satisfaction complète, un bien être total.

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Pour la comparaison, imagine Ariel, la petite sirène dans le désert et tu comprendras ce que j’étais devenue en un an.

Je ne suis pas restée aussi longtemps que je l’aurais voulu mais m’en fiche la sirène avait refait surface.

La fatigue s’abat vite avec la dystonie et si je m’étais endormi ou avait eu une crampe … j’étais mal, très mal car je dois vous dire que Jérôme ne sait pas nager, et le poste de secours venait de fermer.

Mon défi, s’il l’accepte est peut être que cet été, il voudra enfin que je lui apprennes !

A ma sortie de l’eau, je lisais dans son regard, la fierté que Jérôme ressentait à la vue de mon grand pas de géant.

Affronter une peur, un doute … alors, c’est les cheveux rêches et en bataille avec la peau du visage tiré que nous fêtâmes au café ce défi relevé haut la main ! Il choisira la bière, moi le café, j’avais trop peur d’être ivre entre les émotions et la fatigue !

Mais aujourd’hui, c’est décidé : je remettrai les pieds dans l’eau, plus souvent, seule ou accompagnée, à la piscine, à la mer ou à la rivière.

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Quelques places pour la piscine serait une belle idée de cadeau d’anniversaire à m’offrir non ? Dans les magasins, je lorgne déjà sur les masques afin de pouvoir rester sous l’eau.

Je vous souhaite des défis à relever aussi jolie que les miens même s’ils sont légèrement salés !

A bientôt !

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Auteur : madystonie

J'ai 36 ans, et aujourd'hui je me bats contre une maladie complètement méconnue.

2 réflexions sur « Aujourd’hui, c’est décidé… »

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